Les TIC et l'Offshoring: des secteurs en expansion
« (…)
L’émergence de la société du savoir et de la communication nous
impose un devoir de mise à niveau, permettant de doter notre pays de la
capacité de maîtriser les nouvelles technologies de cette société, et d’exploiter,
de façon optimale, les vastes possibilités qu’elles nous offrent. Car notre vœu
est d’assurer à notre grand peuple un développement global et intégré
permettant au Maroc d’occuper la place qui lui revient dans un monde transformé
par la révolution numérique qui est en cours. »
Message de S. M. le Roi Mohammed VI adressé aux
participants du symposium du 23 avril 2001 sur « Le Maroc dans la société
globale de l’information et du savoir »[1].
L’état des lieux du secteur des TIC au Maroc
que nous nous proposons d’établir s’inspire intimement du Message Royal dont un
extrait est cité supra. Cinq mots clés constituent l’ossature de l’état
des lieux : société du savoir et de la communication, dotation en
technologies, exploitation optimale, développement et révolution numérique.
L’idée que nous essayons de véhiculer est la
suivante : Le développement économique, social et culturel auquel
le Maroc aspire passe inéluctablement par une parfaite intégration dans la société
du savoir et de la communication. Ceci ne sera réalisable qu’à la condition
de s’engager dans une démarche volontariste ayant pour objectif de doter
notre pays des infrastructures technologiques nécessaires à une exploitation
optimale de l’information dans un monde totalement imprégné de la révolution
numérique.
Figure 21: Les TIC au service de la société d’information et de
l’efficacité économique.

Source:
Figure reconstituée à partir du Message Royal, 2001.
Nous allons scinder les TIC comme
suit : C : communications ou les télécommunications en
français ; et I : l’information. Les télécommunications renvoient à
la production des TIC, l’information à la consommation des TIC.
SECTION 1 : Les télécommunications au Maroc.
L’année 1998 est une date butoir dans le
domaine des télécommunications au Maroc. Elle marque la naissance effective du
processus de libéralisation de ce secteur. Nous établirons dans ce qui suit un
état des lieux du secteur avant et après cette date.
§1 : Le paysage des télécommunications avant leur libéralisation[1].
Le secteur des télécommunications au Maroc a
évolué au rythme des mutations technologiques et institutionnelles. Trois
grandes périodes ont marqué son histoire :
Au lendemain de l’Indépendance, en 1956, les
télécommunications étaient organisées et encadrées par l’Etat autour d’un
monopole public, qui assurait le développement et le contrôle du réseau
national de télécommunications. L’Etat cumulait les fonctions de producteur du
service, de pourvoyeur de financement et de gestionnaire des infrastructures,
de maître d’œuvre du cadre réglementaire et de la standardisation technique, de
formateur de personnel qualifié et de garant de la politique nationale.
Cette forme d’organisation se justifiait
alors par sa mission de service public mais aussi par l’évolution relativement
lente du progrès technologique.
Ce modèle de monopole réglementé allait
montrer ses limites, comme dans plusieurs pays à travers le monde. Il s’est
révélé inapproprié dans un environnement économique, technologique et
institutionnel en profonde mutation. Il a commencé à présenter des signes
d’essoufflement dès le début des années 1980, et a montré pleinement ses limites
au cours des années 1990.
En 1984 a eu lieu la deuxième phase de réforme des
télécommunications, avec la création d’un établissement public : l’Office
National des Postes et Télécommunications (ONPT). La création de cet office
répondait à la volonté des pouvoirs publics de doter le secteur des
télécommunications non seulement de plus d’autonomie pour assurer une meilleure
gestion, mais aussi pour répondre aux exigences technologiques que requiert le
développement des réseaux et services de télécommunications. Cette époque a
d’ailleurs été marquée par la réalisation d’importants investissements.
Malgré la création de l’ONPT, l’accès à la
téléphonie est resté limité et les chances de suivre l’évolution des
technologies de l’information étaient réduites. Moins de cinq marocains sur
cent disposaient d’un téléphone.
Aussi, quelques années plus tard, et à
l’instar des grands pays industrialisés qui avaient dès lors entamé la
déréglementation de secteurs importants de l’économie, tels que la banque, le
transport aérien et les télécommunications, le Maroc allait-il lui aussi franchir
le pas de la déréglementation du secteur des télécommunications.
La troisième phase de l’histoire des
télécommunications au Maroc et la plus importante commençait par la
promulgation, en 1998 de la loi 24-96 relative à la poste et aux télécommunications.
Elle a donné naissance effective au processus de libéralisation des
télécommunications. Depuis cette date, on note une amélioration substantielle
des services, la multiplicité des offres, et surtout le développement
significatif de l’accès de la population aux services de télécommunications.
C’est dans le cadre de cette réforme que le
Maroc s’est doté en 1998[2] d’un Secrétariat
d’Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Poste et des Technologies des Télécommunications
et de l’Information (SEPTTI) et d’un organe de régulation : l’Agence
Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT).
Encadré 2 : Cadre
juridique et attributions de l’ANRT.
Etablissement public à caractère
administratif sous la tutelle du Premier Ministre, l’ANRT est dotée de la
personnalité morale et de l’autonomie financière. Son rôle est de réunir les
conditions favorisant l’émergence et le développement du secteur des
télécommunications au Maroc en assurant ainsi pour le compte de l’Etat une
mission de service public.
Le législateur a investi l’ANRT de
plusieurs missions[3],
s’articulant autour de trois axes :
§ Mission juridique :
Contribution à la préparation des
projets de lois, décrets et arrêtés ministériels.
Attribution des licences par voie
d’appel d’offre à la concurrence.
Octroi des autorisations et
réception des déclarations préalables pour l’exercice des activités de
télécommunications.
Préparation et mise en place des
règles et procédures relatives à la gestion de noms de domaine .ma et à la
certification électronique.
§ Mission économique :
Approbation des offres techniques
et tarifaires d’interconnexion qui fixent le montant des tarifs que doit payer
un opérateur à un autre opérateur en vue de permettre à chaque abonné d’un
opérateur de joindre les abonnés des autres opérateurs.
Veille au respect de la concurrence
loyale et à la résolution des litiges y afférents.
Suivi pour le compte de l’Etat du
développement du secteur des technologies de l’information.
§ Mission technique :
Fixation des spécifications techniques
et administratives d’agrément des équipements terminaux destinés à être
raccordés à un réseau public de télécommunications et des installations
radioélectriques.
Gestion des ressources rares,
notamment le spectre des fréquences radioélectriques et les ressources en
numérotation.
Source :
ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, op.
cit. pp. 25, 27.
§2 : Les télécommunications de leur libéralisation à nos jours.
Le processus de libéralisation a été
initialisé en 1998, avec la scission de l’Office National des Postes et
Télécommunications en deux entités distinctes : Ittissalat Al Maghrib SA
(Maroc Télécom) en tant que société anonyme chargée du développement et de
l’exploitation des réseaux et services de télécommunications, et Barid Al
Maghrib (Poste Maroc) en tant qu’établissement public chargé du développement
et de l’exploitation des réseaux et services postaux et financiers[4].
L’opérateur historique Maroc Telecom,
jusque là unique opérateur de téléphonie fixe et mobile, mais également seul fournisseur
d’accès à Internet, a été ensuite privatisé pour devenir une société anonyme
dont Vivendi Universal détient aujourd’hui 51% du capital.
En 2000, l’ANRT a attribué une licence de
téléphonie mobile à Medi Telecom, filiale marocaine du groupe espagnol
Telefonica, créée pour l’occasion.
En 2005, l’ANRT attribue deux nouvelles
licences de téléphonie fixe dites « licences de nouvelle
génération ». Medi Telecom obtient ainsi une licence de téléphonie fixe
sans mobilité restreinte, et Maroc Connect (aujourd’hui Wana), l’autre
fournisseur d’accès Internet, une licence de téléphonie fixe avec mobilité
restreinte.
En 2006, l’attribution d’une licence de
téléphonie mobile de troisième génération à chacun des trois opérateurs achève
le processus de libéralisation du secteur.
En janvier 2007, l’ANRT a imposé le
dégroupage partiel de la boucle locale qui permettra aux nouveaux opérateurs
d’utiliser une partie du réseau de Maroc Telecom[5].
C’est ainsi qu’en 1998, la loi 24-96
relative à la poste et aux télécommunications donne naissance au processus de
libéralisation des télécommunications. Cette libéralisation contribue à
l’amélioration substantielle des services, la multiplicité des offres, et
surtout le développement significatif de l’accès de la population aux services
de télécommunications.
SECTION 2 : Une infrastructure télécoms au service de la société
du savoir, de la proximité de l’Administration et de l’efficacité économique.
Trois grands bénéficiaires vont tirer
avantage du développement des infrastructures télécoms et de l’instauration
d’une concurrence loyale dans le secteur au Maroc, à savoir les particuliers
dont l’accès à l’information est possible à des prix abordables,
l’Administration dont la proximité vis-à-vis du citoyen améliorée, et enfin l’entreprise
dont la performance évolue manifestement.
§1 : La téléphonie et l’Internet au service de la société de
l’information au Maroc[6].
Le cadre législatif mis en place,
transparent et efficace, a ouvert la voie au développement des réseaux et des
services de télécommunications. Ce nouveau cadre s’est montré particulièrement
propice à l’expansion du réseau de téléphonie mobile. Partant d’un parc
avoisinant les quelques 364 000 abonnés en 1999, le nombre des abonnés du
mobile a dépassé les 20 millions au terme de l’année 2007, soit plus de 54 fois
le parc de 1999. De 1,3 mobile pour 100 habitants en 1999, ce taux sera multiplié
par plus de 50 pour atteindre 65,6 mobiles pour 100 habitants à fin 2007.
Figure 22 : Evolution du parc des abonnés à la téléphonie mobile
au Maroc (1999-2007).

Source:
ANRT, « 10 ans de régulation des télécommunications », dossier
de presse consacré à la journée de réflexion organisée à Skhirat le 23 juin
2008 sous le thème « 10 ans de l’ANRT, 10 ans de régulation », Casablanca,
2008, p. 11.
La téléphonie fixe a enregistré une
véritable croissance après l’introduction en 2007 des services de mobilité
restreinte, commercialisés par le nouvel entrant, Wana Corporate. Ainsi, le
parc du fixe a augmenté de plus de 89% en une seule année pour atteindre 2,4
millions d’abonnés à fin 2007. Une année auparavant, ce parc n’était que de 1,3
millions d’abonnés.
Figure 23 : Evolution du parc des abonnés à la téléphonie fixe au
Maroc (1999-2007).

Source: ANRT, « 10 ans de régulation des
télécommunications », 2008, op. cit. p. 12.
Suite à ces performances, le taux de
pénétration de la téléphonie globale pour 100 habitants a atteint 73,5% en 2007
soit un peu pus de 11 fois le taux de 6,5% observé de 1999. Cet excellent score
est, comme on l’a vu ci-dessus, le résultat de la forte expansion du mobile,
très vite adopté par la population.
Figure 24: Pénétration des services téléphoniques au Maroc
(1999-2007).

Source: ANRT, « 10 ans de régulation des
télécommunications », 2008, op. cit. p. 12.
Comme pour la téléphonie mobile, le marché
de l’Internet a connu un développement rapide au cours des dix dernières
années, particulièrement entre 2004 et 2007. Le nombre total des abonnés, à fin
2007, dépasse désormais le demi million alors qu’il n’était que de 3 152
en 1999. Entre 2004 et 2007, période ayant connu la plus forte expansion de
l’utilisation d’Internet, le nombre d’abonnés s’est accru de 365%.
Figure 25 : Evolution du parc des abonnés Internet au Maroc
(1999-2007).

Source: ANRT, « 10 ans de régulation des
télécommunications », 2008, op. cit. p. 13.
Le développement rapide du marché de
l’Internet au Maroc a largement favorisé l’accès des marocains à cet outil
universel de communication et d’information. En effet, depuis 1999, le nombre
d’utilisateurs d’Internet continue de croître à un rythme soutenu, passant de
1 000 000 d’internautes en 2003 à plus de 6 600 000 en
2007, enregistrant un taux de croissance de 560% en quatre ans, soit un taux
moyen annuel de 110%.
Figure 26 : Evolution du nombre d’internautes au Maroc
(1999-2007).

Source: ANRT, « 10 ans de régulation des
télécommunications », 2008, op. cit. p. 14.
Cependant, et malgré la nette expansion du
marché des télécoms, celui-ci reste encore très restreint en comparaison avec
les performances d’autres pays. Cette conclusion a été révélée par un benchmarking
effectué par l’ANRT dans son rapport d’activité de 2005[7]. Le benchmarking,
dont l’objectif était de positionner le Maroc au niveau international en termes
de développement des TIC, s’est basé sur une liste de seize pays[8], dont
le choix s’est fondé sur le souci de pouvoir comparer le Maroc avec des pays
présentant des caractéristiques communes, des économies émergentes plus
avancées et des économies de pays plus avancés.
Aussi, le Maroc reste encore assez mal
positionné en termes de pénétration du fixe et Internet, et moyennement classé
pour ce qui est de la téléphonie mobile et l’équipement informatique.
§2 : Les TIC pour une Administration moderne, proche du citoyen
(projet E-Gov).
L’Administration est un consommateur qui se
prête naturellement aux TIC ; ceux-ci peuvent profondément et durablement
modifier le fonctionnement interne de l’Administration, en simplifiant ses
procédures et en améliorant ses relations avec les entreprises et les citoyens,
en facilitant l’accès aux documents publics, et en la rapprochant davantage des
usagers (ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, p. 57).
Lancé en 2005, le Programme national
d’Administration électronique (e-Gov ou Idarati : Mon
administration en arabe) s’est fixé comme buts notamment le développement
d’environ 400 télé-services publics, la mise en ligne de 50% des formulaires
administratifs et la généralisation du déploiement des portails des administrations,
à l’horizon 2008. La Figure
27 ci-après retrace l’évolution du nombre des services publics mis en ligne
durant la période 2002-2007. On note particulièrement les progrès enregistrés
depuis 2005[9].
Figure 27 : Evolution des services publics mis en ligne
(2002-2007).

Source: MICNT - DPTTI, 2007, op. cit. p. 23.
§3 : Des infrastructures de haut niveau au service d’une
entreprise efficace[10].
La politique de libéralisation menée au
Maroc depuis la fin des années 1990 n’a pas eu pour seule conséquence de rendre
plus populaires les NTIC, elle a aussi favorisé l’émergence d’une activité
économique remarquable, contribuant efficacement au développement économique du
pays (ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, p. 68).
En effet, le secteur des TIC a connu une
croissance soutenue passée de l’ordre de 6,5% entre 2001 et 2004 à 10% entre
2004 et 2006. A
fin 2005, il représentait 6,7% (ANRT, « La régulation comme nous l’avons
vécue », 2008, p. 68)
du PIB contre 5,6% (idem) une année auparavant. Dans
le même ordre de grandeur, le chiffre d’affaires du secteur est passé de 2,6
milliards d’euros à fin 2004 à 3 milliards d’euros à fin 2005.
Le nombre des opérateurs constituant
l’industrie des TIC au Maroc est, quant à lui, passé de 1000 à fin 2004, à près
de 1500 à fin 2006, témoignant du niveau de développement et de consolidation
du secteur. Le tissu du secteur est par ailleurs constitué à 20% d’Editeurs, de
Sociétés de Services Informatiques (SSII) et d’intégrateurs ; les 80%
restant étant composé de Distributeurs, Revendeurs et Installateurs de réseaux
télécoms (cf. Annexe 9 : « Nomenclature des secteurs et
domaines d’activités représentés à l’APEBI »).
A. Les centres d’appels : la branche de l’Offshoring la plus
développée au Maroc.
Nous nous basons dans ce qui suit sur deux
études ; l’une émanant des Missions Economiques sur l’Offshoring au
Maroc[11],
l’autre de l’ANRT et porte sur l’état des lieux des centres d’appels au Maroc
en 2004[12]. Une
étude plus récente de la même source
portant sur les centres d’appels existe et date de Juin 2007[13] ;
nous avons malgré cela préféré dresser
un panorama de la situation des centres d’appels avant le lancement de l’Offre,
afin de voir le tendance naturelle de ce secteur en dehors de toute mesure
incitative.
Aussi, on dénombre à fin 2004, 60 sociétés
déclarées, 6400 positions et 7200 employés. Il s’agit principalement de centres
dont l’effectif ne dépasse pas les 500 employés et qui exercent à raison de 68%
dans les télécoms.
Figure 28 : Répartition des centres d’appels par taille et par
secteur d’activité (Année 2004).

Source: ANRT, 2004, op. cit. p. 3.
C’est une activité nouvelle au Maroc, qui a
débuté en 1998 avec la création du premier centre d’appels, et qui atteint à
fin 2004 les 60 centres, générant plus de 85M€.
Première destination de l’Offshoring
francophone, le Maroc est également le premier employeur africain dans les
centres d’appels. La Figure
29 qui suit illustre l’écart qui existe en termes de nombre de centres
d’appels et en employés entre le Maroc et d’autres pays francophones
concurrents (l’Ile Maurice, la
Roumanie , le Sénégal et la Tunisie ).
Figure 29 : Comparaison du nombre de centres d’appels et du nombre
d’employés entre le Maroc et 4 pays francophones concurrents (Année 2004).

Note : La taille de la bulle correspond au
chiffre d’affaires réalisé par l’ensemble des centres d’appels du pays.
Source: ANRT, 2004, op. cit. p. 5.
Les centres d’appels au Maroc travaillent
aussi bien pour le marché domestique qu’à l’international. Plusieurs références
internationales sont présentes (B2S, Clientlogic, Atento, Webhelp, Coaxis,
Sitel, etc.) qui travaillent principalement à l’international pour des clients
comme Téléphonica, Tiscali, Cégétel, France Télécom, Fedex, ou encore Yves
Rocher. D’autres opérateurs comme Dell possèdent leur propre centre d’appel
intégré.
La majorité des centres est située sur l’axe
Casablanca – Rabat. Cependant, d’autres villes attirent de plus en plus de
centres d’appels, en particulier Tanger et Tétouan pour le marché hispanophone,
ainsi que Fès et Marrakech.
Les centres marocains proposent une large
gamme de prestations : assistance technique, relations clientèle,
télévente, mais également des services à plus forte valeur ajoutée liés aux
télécommunications, à la technologie et aux autres services financiers.
On rencontre 4 grandes catégories de centres
d’appels :
§ Des centres industriels avec plusieurs milliers de
positions réparties sur plusieurs sites de production et travaillant
principalement avec d’importants clients étrangers.
§ Des centres semi-industriels comptant de cent à
trois cents positions, généralement concentrés sur un seul site de production.
§ Des centres de type PME avec entre 30 et 120
positions et un rythme de croissance de 5% à 10% par an.
§ Des centres à taille humaine avec moins de 30
positions et dédiés principalement au marché local.
Tableau 13 : Coûts de production comparés.
France
|
Maroc
|
|
Plateaux de bureaux
|
18€ le
m² par mois à Paris
|
9€ le m²
par mois à Casablanca[14]
|
SMIC horaire
|
7,61€
|
0,88€
|
Heures travaillées par semaine
|
35 ou 39
|
44
|
Congés payés
|
5
semaines
|
3
semaines
|
Charges salariales
|
22%
|
4,29%
|
Charges patronales
|
44%
|
17,7%
|
Imposition des dividendes
|
58%
|
10%
|
Impôt sur les sociétés
|
33,3%
|
0%
|
Source: Mission économique, 2007, op. cit. pp. 3, 4.
Après la forte croissance du marché des
centres d’appels ces dernières années, de nouveaux facteurs devraient
contribuer à ce que le Maroc reste une destination privilégiée pour
l’Offshoring européen : l’arrivée à maturité du marché local, l’ouverture
de nouvelles destinations pour les centres d’appels (monde arabe, pays
anglophones), l’émergence de jeunes ingénieurs issus des récents programmes de
formation et le développement d’autres zones du Maroc (le sud et l’Oriental).
B. Casablanca : premier fief de la haute technologie.
Selon une étude effectuée pour le compte de la Direction de
l’Aménagement du Territoire sur le secteur des technologies de l’information[15], 65% de
l’offre des TIC se concentre à Casablanca, 20% à Rabat, le solde se
répartissant entres les principales villes du Maroc.
L’étude se base sur une enquête menée auprès
de 20 entreprises casablancaises opérant dans les TIC, dont 16 installées à
l’intérieur de Casablanca Technopark.
Encadré 3 : Casablanca
Technopark.
Lancé en 2001, Casablanca
Technopark est un espace dédié aux entreprises qui opèrent dans le domaine des
nouvelles technologies (Internet, multimédia, télécommunications, mobiles,
recherche et développement).
La gestion du
parc est prise en charge par la
Moroccan information technopark compagny (MITC),
une société à capitaux mixtes, regroupant plusieurs organismes bancaires (BCP,
CDG, BCM, BMCE et Wafabank). Son capital s’élève à 46 millions de dhs.
Le technopark qui s’étend sur une
superficie de 29 400m² peut héberger 100 sociétés et environ 1 200
ingénieurs et chercheurs. Il est composé de quatre zones d’accueil : 40
start-up, une cinquantaine de PME/PMI, une dizaine d’entreprises internationales
et un centre d’événements et de formation. Le bâtiment dispose d’un accès
Internet à deux mégabits/s, des salles d’hébergement sécurisées, un Pabx
1 200 lignes et un Intranet destiné à l’ensemble du technopark.
Son activité repose sur 4
axes :
§ Les
Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication
(STIC).
§ L’innovation
et les transferts technologiques.
§ La
créativité, la réactivité et la flexibilité des start-up et des PME.
§ L’attractivité
pour les entreprises internationales leaders en STIC.
Source : HOLLARD
M., JAIDI L. et SOUISSI M., 2004, op. cit. pp. 7, 8.
Toutes les entreprises enquêtées sont
tournées vers la production, le traitement ou l’utilisation d’une ressource
commune : l’information ; l’information en tant que technologie et en
tant que matière. Ce centrage de l’activité sur l’information dissimule
cependant une grande diversité dans l’offre de produits et de prestations (cf. Annexe
10 : « Produits et prestations du secteur TIC au Maroc »
tels qu’identifiés et répertoriés par l’étude sus-mentionnée) :
§ Les entreprises spécialisées dans les systèmes
d’information.
§ Les entreprises spécialisées dans les télécoms.
§ Les entreprises spécialisées dans l’image et le
multimédia.
Le
site Casablanca tend ainsi à devenir un centre régional pour les
multinationales du secteur et s’affirme comme une plateforme de délocalisation
pour les entreprises européennes de logiciels, de services et de téléservices.
En effet, on trouve des entreprises filiales de grands groupes mondiaux dans le
domaine de l’industrie des composants électroniques, des télécoms, des
logiciels, des services informatiques et d’information et des services aux
entreprises. Certaines sont devenues des leaders mondiaux de leur spécialité.
C’est le cas de S2M, HPS, Involys, Batisoft. D’autres enregistrent des percées
appréciables dans leurs créneaux respectifs comme M2M, Intelia, Syscad,
Mughamarat, etc.
A ce titre, la demande internationale joue
un rôle de plus en plus important prenant la forme de sous-traitance. Ainsi, de
plus en plus d’entreprises marocaines font équipe avec des entreprises
européennes et américaines de TIC pour face au marché européen et régional.
Des créneaux sont également de plus en plus
exploités (Exp. Services en soutien à la monétique, surveillance électronique,
cartes à puce), dans lesquels les entreprises marocaines peuvent avoir un
avantage concurrentiel par rapport à leurs concurrents régionaux. Les
compétences locales sont exportées vers les marchés internationaux avec des
entreprises qui réalisent jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires à l’étranger.
L’analyse qui a précédé conduit aux deux
réflexions suivantes. Tout d’abord, comme le fait remarquer Taieb DEBBAGH,
Secrétaire Général du Département des Poste, Télécommunications et Nouvelles
Technologies (lors de son intervention à la journée de réflexion de Skhirat à
l’occasion du 10ième anniversaire de l’ANRT), le niveau atteint par
les infrastructures de télécommunications est largement suffisant pour
l’instauration d’une société de l’information et du savoir. Les véritables
défis à relever en la matière résident plutôt dans la capacité des marocains à
utiliser et s’approprier les TIC, l’Internet en particulier. Cela renvoie aux
questions d’alphabétisation et de la formation en TIC, tant initiale que continue.
Le deuxième défi est celui du contenu. En effet, le divertissement constitue la
première utilisation d’Internet au Maroc. Or, dans les pays développés, 50% de
l’activité quotidienne des citoyens est conditionnée de l’utilisation de
l’Internet (paiement, impôt, papiers administratifs, etc.).
Concernant le secteur privé, il semblerait
que les entreprises opérant dans les TIC aient été non seulement bien disposées
à intégrer la compétition internationale des délocalisations des services liés
aux TIC, mais ont constitué un facteur décisif dans la prise de conscience du
Gouvernement du caractère structurant du secteur des TIC et de la nécessité de
la mise en place d’une stratégique gouvernementale à même d’assurer
l’accompagnement adéquat du secteur dans son nouvel élan. C’est dans ce
contexte que le Contrat-Progrès 2006-2012 du secteur TIC ainsi que l’Offre
Offshoring Maroc ont vu le jour[16].
SECTION 3 : L’Offre Offshoring Maroc : pilier du Programme
Emergence.
Durant les deux sections précédentes
consacrées aux principaux agrégats de l’économie marocaine, nous avons pu
décelé certains des points forts et points faibles de celle-ci :
§ Une croissance économique faible, volatile et
fortement dépendante des aléas climatiques.
§ Un taux de chômage élevé qui frappe surtout les
jeunes diplômés.
§ Une balance commerciale structurellement
déficitaire en dépit de l’ouverture commerciale.
§ Des infrastructures télécoms performantes et qui
constituent une aubaine pour l’émergence de certaines activités économiques axées
sur les TIC.
Les trois premiers agrégats, qui constituent
d’ailleurs les points faibles de l’économie, ont peu souvent impliqué une
intervention claire et déterminée de la part des pouvoirs publics. La politique
industrielle n’a pas échappé à cette tendance. A l’exception du ciblage de
quelques secteurs industriels comme l’automobile et l’électronique et qui a eu,
à terme, des conséquences bénéfiques pour ces deux secteurs, la politique
industrielle s’est longtemps cantonnée à la mise en place de « mesures
générales d’amélioration de l’environnement, en laissant les forces du marché
agir pour l’émergence de telle ou telle branche d’activité »[17] ;
l’influence de la logique libérale imposée par les institutions financières
internationales (IFI) n’est pas étrangère à cette attitude.
En 2005, la politique industrielle du Maroc
va connaître l’un de ses principaux tournants, avec l’engagement du
Gouvernement d’un cabinet en études stratégiques en vue d’établir, pour les dix
prochaines années, une vision globale sur les choix stratégiques de
développement du secteur industriel.
Figure 30: Le cercle vertueux convoité par la nouvelle politique
industrielle.

Le résultat de cette étude, articulé dans le
Programme Emergence ainsi que dans sa composante Offshoring, est justement
l’objet de cette section.
§1 : Le Programme Emergence[18].
Le Programme Emergence représente la
nouvelle stratégie industrielle du Maroc. Son but est de répondre à
l’insuffisance de la croissance économique du pays et de mieux maîtriser les
effets de l’ouverture de son économie (CNUCED, 2007, p. 4).
Mis en place en novembre 2005, le Plan
Emergence est l’aboutissement de huit mois d’études menées par le Cabinet
McKinsey (cabinet conseil expert en stratégie) - l’étude a démarré en Septembre
2004 et s’est achevée en Avril 2005[19]- dont
la mission était d’identifier et encourager les secteurs générateurs d’emplois
et créateurs de richesse, et de définir le processus permettant à l’économie
nationale de réussir le développement des secteurs stratégiques de demain.
A. L’étude McKinsey : Analyse des facteurs internes et externes de
l’économie marocaine.
Ainsi, afin d’évaluer le niveau de
compétitivité de l’économie marocaine, un diagnostic et un benchmarking
ont été réalisés par le cabinet.
A travers une comparaison de l’économie
marocaine par rapport à plusieurs pays répartis en 3 groupes (« Groupe de
compétition » (GC), « Groupe d’aspiration » et « World
class »[20])
en fonction de plusieurs critères, le benchmarking a permis de déceler
les principales forces et faiblesses de l’économie marocaine ainsi que d’y
affecter un scoring par rapport à la moyenne du Groupe de compétition en
fonction des mêmes critères.
Tableau 14 : Principales forces et faiblesses de l’économie
marocaine selon le benchmarking établi par le Cabinet Mc Kinsey.
Principales forces et faiblesses
|
Scores
|
|||
Maroc
|
Moyenne du GC
|
|||
Principales forces
|
1. Accès aux marchés.
|
- Accords de libre-échange (UE,
EU, …).
- Proximité culturelle et
historique de l’UE.
|
83
|
77
|
2. Proximité logistique de l’UE.
|
Bonne connectivité aérienne et
maritime avec l’UE.
|
65
|
54
|
|
3. Qualité de la vie.
|
Coût de la vie, environnement,
climat, paysage.
|
57
|
45
|
|
4. Main d’œuvre ouvrière et
moyennement qualifiée.
|
- Coût relativement faible.
- Ecart de productivité
intéressant dans
|
71
|
70
|
|
Principales faiblesses
|
1. Coût de l’énergie.
|
Surcoût de ~ 15% par rapport aux
coûts du groupe de compétiteurs.
|
55
|
61
|
2. Télécoms / IT
|
Disponibilité de services
sophistiqués (« System integration »)
|
34
|
35
|
|
3. Etroitesse du marché
intérieur.
|
Demande intérieure et taille très
faibles pour servir de base aux industries nationales.
|
17
|
24
|
|
4. Qualité de l’administration.
|
- Efficacité de l’administration.
- Fonctionnement de la justice.
|
36
|
42
|
|
5. Réglementation des affaires et
fiscalité formelle.
|
Niveau de fiscalités relativement
lourd pour les investisseurs (IS, IGR, etc.).
|
30
|
34
|
|
Source: MEZOUAR S-E., mai 2006, op. cit.
diapo n°13.
A côté du diagnostic de l’économie
nationale, le cabinet s’est attelé à cerner les principaux facteurs externes
qui constituent tant des opportunités que des risques pour notre secteur
industriel.
Il s’agit d’abord de l’intégration
croissante de l’appareil industriel régional et global. Cela signifie qu’en
raison de la baisse progressive des barrières douanières à l’échelle mondiale
et de l’intégration des chaînes de valeur (cf. Glossaire) au-delà des
frontières, le système de production des activités tend à la régionalisation et
à la mondialisation. C’est ensuite la recherche de compétitivité maximale des
acteurs dans la fonction de production, ce qui se traduit par des
appareils de production de plus en plus grands dans plusieurs secteurs, comme
l’automobile, la chimie, etc., par une tendance à la spécialisation des acteurs
sur les maillons spécifiques de la chaîne de valeur, et aussi par
l’accélération du mouvement de délocalisation, pour diminuer le coût de la main
d’œuvre ou se rapprocher des foyers de consommation importants. Le troisième
facteur est la montée en puissance de l’Asie et notamment de la Chine sur tous les secteurs
manufacturiers de masse. Enfin, le dernier constat est la réussite de certains
pays comme le Mexique grâce à l’aménagement de zones spéciales situées sur les
frontières avec les Etats-Unis, tirant ainsi profit de l’accord de
libre-échange conclu entre les deux dans le cadre de l’Accord de Libre Echange
Nord Américain (ALENA) et de la proximité géographique par rapport à
l’investisseur et le consommateur américain.
Des analyses tant internes qu’externes émises
par le rapport McKinsey découle la conclusion suivante : le Maroc doit mettre
en place une nouvelle politique industrielle claire basée sur des paris ciblés.
B. Emergence : Une stratégie industrielle ciblée et volontariste.
La stratégie gouvernementale, telle que
suggérée par le rapport McKinsey, s’articule autour de deux dimensions
complémentaires : d’une part, un ciblage volontariste et une focalisation
sur les moteurs de croissance orientés à l’export qui représenteront 70% de la
croissance industrielle d’ici 2015 appelés les « Métiers Mondiaux du
Maroc » et, d’autre part, une gestion du tissu existant tout en opérant sa
modernisation compétitive et en veillant au respect des équilibres.
Ces deux dimensions se traduisent par la
mise en place de quatre piliers fondamentaux pour le développement industriel[21] :
§ La délocalisation de services à l’entreprise
appelés Offshoring dans les secteurs comme la banque, l’assurance, les
TIC.
§ Le développement de vastes zones industrielles
surnommées Maquiladoras à l’image des usines localisées aux frontières
des USA. Ces espaces industriels seraient amenés à accueillir des plates-formes
de production dans l’automobile (équipementiers, assemblages), l’aéronautique
et l’électronique.
§ La consolidation et la modernisation des secteurs
sur lesquels le Maroc est déjà positionné : le textile, les industries
agroalimentaires et la transformation des produits de la mer[22]. A ces
trois importants secteurs a été ajouté le développement de l’artisanat à fort
contenu culturel orienté export.
§ Enfin, l’accélération de la modernisation
compétitive à travers l’amélioration de l’environnement général des affaires
(administration, fiscalité, etc.), la mise en place de mécanismes permettant de
professionnaliser la gestion opérationnelle et financière au sein des
entreprises, le renforcement du soutien aux acteurs en croissance et la
restructuration du tissu en difficulté.
Figure 31 : Programme Emergence : 2 dimensions et 4
piliers.
Source: Figure reconstituée à partir de MICNT, 2005, op. cit. p. 28.
Les retombées d’un tel programme concernent
aussi bien le secteur industriel élargi que l’économie dans son ensemble.
L’étude prévoit ainsi une accélération marquée de la croissance de l’économie
par rapport au scénario de référence (+1,6% de croissance de PIB, pour un taux
de 4,5% sur la période 2004-2013) se traduisant par la génération de 91Mds de
dhs de PIB additionnel et la création d’environ 440 000 emplois à
l’horizon 2013.
Quant à l’industrie, sa croissance connaîtra
une accélération de l’ordre de 4% par rapport au scénario de référence (pour un
taux de croissance moyen de 5,5% sur l’horizon 2004-2013) et se traduirait par
la génération d’environ 42Mds de dhs de PIB additionnel et de 230 000 emplois
directs, ou encore 60Mds de dhs de PIB additionnel et de 360 000 emplois,
si on y inclut les effet indirects. Enfin, cette politique volontariste devrait
permettre de réduire de plus de 50% le déficit de la balance commerciale
élargie, soit une réduction équivalant à 34Mds de dhs à l’horizon 2013.
Enfin, et dans la perspective d’assurer une
couverture territoriale équilibrée du Programme Emergence, plusieurs régions se
trouveront innervées par la nouvelle stratégie industrielle. C’est ainsi que la
zone Nord sera dédiée à la sous-traitance industrielle notamment l’industrie
automobile et l’électronique ; l’axe Casablanca-Rabat aux activités
d’Offshoring ; la zone Sud à l’industrie de transformation des produits de
la mer ; et enfin une couverture répartie entre le Saiss, le Gharb, l’Oriental
et le Souss pour les industries agro-alimentaires.
Carte 1 : Couverture territoriale équilibrée du
Programme Emergence.

Source: BOUCHAKOR T., 2006, op. cit. p. 81.
§2 : L’Offre Offshoring Maroc.
Nous avons bien vu dans la section
précédente que le secteur des TIC se portait bien au Maroc bien avant l’Offre,
mais, comme l’a fait remarquer Bachir RACHDI[23], ancien
Président de l’APEBI, nous ne pouvons nous contenter de petits pas dans ce
secteur, tandis que d’autres pays développés et en voie de développement,
conscients de l’opportunité qu’offrent les TIC, s’engagent dans des politiques
très agressives de promotion du secteur. L’Offre Offshoring Maroc qui s’inscrit
dans une véritable politique volontariste qu’est le Programme Emergence
constitue alors une réponse aux attentes de tous les acteurs du secteur TIC, aussi
bien publics que privés.
En vigueur depuis le 1er janvier
2007, l’Offre Offshoring Maroc[24] a été
affinée en juin 2007. Dans la dynamique du Programme Emergence, cette offre
comprend une série de mesures s’appliquant à une dizaine de filières jugées les
plus prometteuses et adaptées aux besoins des entreprises internationales afin
d’accroître l’attractivité du Maroc par rapport aux destinations concurrentes.
L’Offre Offshoring Maroc (cf. en Annexe 2
la Circulaire
n° 9/2007 sur la : « Mise en œuvre de l’Offre Offshoring Maroc ») se
décline en trois grands volets[25] :
§ Volet 1 : Cadre
sectoriel incitatif :
o
Un allègement
massif et exceptionnel de la fiscalité du travail (IGR "taux effectif
réel" plafonné à 20%, régime spécial expatriés, défiscalisation complète
du premier emploi <550€/mois, …).
o
Une fiscalité
orientée Export – déjà radicalement allégée (IS à 0% et droits de douane
inférieurs à 2.5%).
o
Un régime
administratif allégé (véritable Guichet unique sur zone, flexibilité totale du
nouveau Code du Travail, simplifications administratives "taux effectif
réel"). Support à l’international (visas).
o
Une
"prime aux pionniers" pour les premières entreprises installées.
§ Volet 2 : Pool de
ressources humaines considérable et aides à la formation :
o
Un pool de
ressources potentiel considérable et compétitif sur les profils les plus
importants, notamment Bac+2 - Bac+4 (production annuelle de 40-50 000 profils
cibles).
o
Un Plan
National de Formation agressif et focalisé sur les métiers de l’Offshoring et
sur les spécificités françaises sur 15 filières clés (techniques et
administratives – 20 à 25 000 formations qualifiantes d’ici 2009).
o
Un plan de
formation « initiative 10.000 ingénieurs » en vue d’atteindre le nombre de
10.000 lauréats (ingénieurs et assimilés) par an, à l’horizon 2010.
o
Dispositif
d’aide à la formation post-embauche très agressif avec une prise en charge de
100% de la formation initiale et de 75% de la formation continue, à hauteur de
50.000 DH par employé sur les 3 premières années d’embauche.
§ Volet 3 :
Infrastructures et services « worldclass » :
o
5 zones
(CasaNearshore Park, Rabat Technopolis, TangerShore, FèsShore, Marrakechshore)
spécialement dédiées à l’Offshoring avec une offre de services et
d’infrastructures calés sur les meilleurs standards de qualité et de coût
(8€/m2/mois).
o
Une offre
télécoms de premier plan – SLA techniques et commerciaux garantis et des coûts
alignés sur les destinations les plus compétitives.
o
Une approche
"Ready for Output" avec une offre de bureaux aménagés (~170 000 m² ) et 10-12 services de
"support business" sur site fournis par des partenaires
internationaux sélectionnés sur une base compétitive.
C’est ainsi que dans un contexte de faible
croissance économique, de faible création d’emploi et de faible compétitivité
des exportations marocaines, une intervention audacieuse du Gouvernement était
indispensable. A travers sa nouvelle stratégie industrielle, en l’occurrence le
Programme Emergence, le Maroc entend donner un nouveau souffle à l’économie
marocaine, par un ciblage des « Métiers Mondiaux du Maroc » qui
comprennent entre autres le secteur de l’Offshoring, et la modernisation du
tissu industriel existant.
CONCLUSION DU CHAPITRE
L’économie marocaine se
caractérise par une croissance faible et volatile, dont les répercutions se font
ressentir tant sur le marché de l’emploi où sévit un chômage catégoriel
touchant en particulier les jeunes, les citadins, les diplômés et les femmes
que sur le plan du commerce extérieur dont la balance est structurellement
déficitaire.
Cependant, l’économie marocaine ne
présente pas que des dysfonctionnements, loin de là, le Maroc possède des
atouts significatifs lui permettant de tirer avantage de la nouvelle dynamique
économique mondiale, en particulier dans le secteur des TIC : un potentiel
en compétences humaines, un noyau d’entreprises dynamiques, un support de base
en télécommunications modernes de bon niveau, un environnement concurrentiel
favorisé par une politique d’ouverture et de libéralisation (HOLLARD M., JAIDI
L. et SOUISSI M., 2004, p.4).
C’est ainsi que tenant compte des
points faibles et points forts de l’économie, le Gouvernement mit en place une nouvelle
stratégie industrielle intitulée le Programme Emergence. A travers ce Plan, le
Maroc entend répondre justement à l’insuffisance de la croissance économique du
pays et mieux maîtriser les effets de l’ouverture de son économie dans une
perspective de création d’emplois et partant un niveau de vie meilleur.
[1] ANRT, La régulation comme nous l’avons vécue, Rapport édité à l’occasion
de la journée de réflexion organisée à Skhirat le 23 juin 2008 sous le thème
« 10 ans de l’ANRT, 10 ans de régulation », Rabat, 2008, pp. 16-17.
[2] 26
février 1998.
[3] Le détail des missions est disponible en Annexe 8 :
« Cadre juridique et attributions de l’ANRT ».
[4] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies /
Département de la Poste ,
des Télécommunications et des Technologies de l’Information, Stratégie e-Maroc
2010 : Réalisations, Orientations et Plants d’action, Livre de référence,
Rabat, Septembre 2007, pp. 12, 13.
[5] Mission économique, Le secteur des télécommunications au Maroc, Fiche
de synthèse, Ambassade de France au Maroc, 30 mars 2007, Rabat, p. 1.
[6] ANRT, La régulation comme nous l’avons vécue, Rapport édité à l’occasion
de la journée de réflexion organisée à Skhirat le 23 juin 2008 sous le thème
« 10 ans de l’ANRT, 10 ans de régulation », Rabat, 2008, pp. 67-68.
[7] ANRT, Rapport d’activité 2005, conception et réalisation : CLE
Etudes, 2006, Rabat, p. 45.
[8] Afrique du Sud, Algérie, Chili, Egypte, Espagne, Estonie, France,
Hongrie, Inde, Irlande, Jordanie, Malaisie, Maroc, Portugal, Roumanie, Tunisie.
[9] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies /
Département de la Poste ,
des Télécommunications et des Technologies de l’Information, Stratégie e-Maroc
2010 : Réalisations, Orientations et Plants d’action, Livre de référence,
Rabat, Septembre 2007, p. 23.
[10] APEBI / Centre de Services à Valeur Ajoutée de l’APEBI / Service
d’appui à l’export, Etude sur le potentiel à l’export des membres de la Fédération APEBI ,
Casablanca, mai 2007, p. 48.
[11] Mission économique, L’Offshoring au Maroc, Fiche de synthèse,
Ambassade de France au Maroc, 12 novembre 2007, Rabat, pp. 3, 4.
[12] ANRT, « Du développement des centres d’appels à l’émergence du
BPO au Maroc », Synthèse des résultats de l’étude réalisée par CSC Peat
Marwick/Capital Consulting, Rabat, Octobre 2004, in http://www.anrt.ma/fr/admin/download/upload/file_fr321.pdf
(consulté le 12/09/08), pp. 3, 4.
[13] Consultable à travers ce lien : http://www.anrt.ma/fr/admin/download/upload/file_fr1157.pdf
(consulté le 12/09/08)
[14]
Cette publication date de 2007. 9€ est le coût du loyer à CNP.
[15] HOLLARD M., JAIDI L. et SOUISSI M., Etude sur le développement des
bassins d’emploi – Cas des systèmes productifs localisés (SPL) au Maroc :
Le secteur des technologies de l’information à Casablanca, Rapport final n° 4,
pour le compte du MHUAE – DAT, Rabat, année), pp. 7-9, 15.
[16] Propositions de lecture :
§ S. M. Le Roi Mohammed VI, Le Maroc dans la société
globale de l’information et du savoir, symposium, Fès, 23 avril 2001, in http://www.maroc.ma/NR/exeres/9DAC43B7-832B-454D-B4E3-1F264BDBB4D1
(consulté le 16/08/08).
§ LANGEVIN C., « Nouvelles technologies :
toujours plus, toujours plus vite », in Conjoncture, revue
de la Chambre Française
de Commerce et d’Industrie du Maroc, n° 886, octobre 2007, Casablanca.
§ ANRT, Observatoire des TI, dans dossier Contexte
national /NTIC.
§ EL KADIRI B., « L’Offshoring au Maroc »,
in « Problématique du financement de la PME - L’Offshoring au Maroc », in BMCE
Monthly, le magazine économique de BMCE Bank, n°6 janvier 2007, pp.
9-13.
§ ANRT, Observatoire des TIC au Maroc 2007 :
Enquête de collecte des indicateurs TIC pour l’année 2006, Rabat, 2007.
§ ANRT, rapports annuels ou d’activité 2006 et 2007.
§ Mission économique Maroc, « L’information
sectorielle : Electronique et NTIC », in http://www.missioneco.org/maroc/Sectdetail.asp?Sect=53.
§ Mission économique, L’Offshoring au Maroc, Fiche
de synthèse, Ambassade de France au Maroc, 12 novembre 2007, Rabat.
§ Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de
l’Aménagement de l’Espace / Direction de l’Aménagement du Territoire, Les
orientations, in Le Schéma National d’Aménagement du Territoire, Rabat, 2004,
pp. 109-111. Article bon, mais ancien et ne concerne pas le Maroc, il parle de
l’émergence des TIC en général dans le monde.
§ APEBI, Secteur TIC au Maroc : Chiffres clés
et potentialités, Etude 2004-2005, Casablanca, p. 7.
[17] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies,
« Emergence : Une politique industrielle ciblée et volontariste pour
le Maroc », in Interface, revue du commerce et de
l’industrie, n°4, 2ème trimestre 2005, Rabat, p. 20.
[18] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies,
« Emergence : Une politique industrielle ciblée et volontariste pour
le Maroc », in Interface, revue du commerce et de
l’industrie, n°4, 2ème trimestre 2005, Rabat, pp. 22-29.
[19] BOUCHAKOR T., Dispositif d’Intelligence Economique pour le secteur de
l’Offshoring au Maroc – Stratégie et mise en œuvre : Cas de Casashore,
Thèse professionnelle, Mastère spécialisé de Management des Services Publics,
ISCAE, décembre 2006, Casablanca, p. 78.
[20] Le
« groupe de compétition » regroupe l’Algérie, la Tunisie , l’Egypte, la Jordanie , le Sénégal, la Turquie et la Roumanie. Le « groupe
d’aspiration » regroupe la République
Tchèque , le Portugal et la Malaisie. Le « groupe
World Class » comprend l’Espagne et la Corée du Sud.
[21] Agence Urbaine de Casablanca, Plan de développement stratégique et
schéma directeur d’aménagement urbain de la Wilaya de la Région du Grand Casablanca, Casablanca, février
2006, pp. 283, 284.
[23] APEBI, Secteur TIC au Maroc : Chiffres clés et potentialités, Etude
2004-2005, Casablanca, p. 5.
[24] Mission économique, L’Offshoring au Maroc, Fiche de synthèse,
Ambassade de France au Maroc, 12 novembre 2007, Rabat, p. 1.
[25] MEZOUAR S-E., Lancement de l’Offre Offshoring Maroc, Ministère de
l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, présentation,
Casablanca, 13 juillet 2006, diapo n°17.
[1] L’intégralité du Message Royal est disponible en Annexe 7 ou
via le lien suivant : http://www.maroc.ma/NR/exeres/9DAC43B7-832B-454D-B4E3-1F264BDBB4D1
(consulté le 16/08/08)

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