Les TIC et l'Offshoring: des secteurs en expansion

« (…) L’émergence de la société du savoir et de la communication nous impose un devoir de mise à niveau, permettant de doter notre pays de la capacité de maîtriser les nouvelles technologies de cette société, et d’exploiter, de façon optimale, les vastes possibilités qu’elles nous offrent. Car notre vœu est d’assurer à notre grand peuple un développement global et intégré permettant au Maroc d’occuper la place qui lui revient dans un monde transformé par la révolution numérique qui est en cours. »
Message de S. M. le Roi Mohammed VI adressé aux participants du symposium du 23 avril 2001 sur « Le Maroc dans la société globale de l’information et du savoir »[1].
L’état des lieux du secteur des TIC au Maroc que nous nous proposons d’établir s’inspire intimement du Message Royal dont un extrait est cité supra. Cinq mots clés constituent l’ossature de l’état des lieux : société du savoir et de la communication, dotation en technologies, exploitation optimale, développement et révolution numérique.
L’idée que nous essayons de véhiculer est la suivante : Le développement économique, social et culturel auquel le Maroc aspire passe inéluctablement par une parfaite intégration dans la société du savoir et de la communication. Ceci ne sera réalisable qu’à la condition de s’engager dans une démarche volontariste ayant pour objectif de doter notre pays des infrastructures technologiques nécessaires à une exploitation optimale de l’information dans un monde totalement imprégné de la révolution numérique.

Figure 21: Les TIC au service de la société d’information et de l’efficacité économique.
Organigramme
Source: Figure reconstituée à partir du Message Royal, 2001.
Nous allons scinder les TIC comme suit : C : communications ou les télécommunications en français ; et I : l’information. Les télécommunications renvoient à la production des TIC, l’information à la consommation des TIC.


SECTION 1 : Les télécommunications au Maroc.
L’année 1998 est une date butoir dans le domaine des télécommunications au Maroc. Elle marque la naissance effective du processus de libéralisation de ce secteur. Nous établirons dans ce qui suit un état des lieux du secteur avant et après cette date.

§1 : Le paysage des télécommunications avant leur libéralisation[1].
Le secteur des télécommunications au Maroc a évolué au rythme des mutations technologiques et institutionnelles. Trois grandes périodes ont marqué son histoire :
Au lendemain de l’Indépendance, en 1956, les télécommunications étaient organisées et encadrées par l’Etat autour d’un monopole public, qui assurait le développement et le contrôle du réseau national de télécommunications. L’Etat cumulait les fonctions de producteur du service, de pourvoyeur de financement et de gestionnaire des infrastructures, de maître d’œuvre du cadre réglementaire et de la standardisation technique, de formateur de personnel qualifié et de garant de la politique nationale.
Cette forme d’organisation se justifiait alors par sa mission de service public mais aussi par l’évolution relativement lente du progrès technologique.
Ce modèle de monopole réglementé allait montrer ses limites, comme dans plusieurs pays à travers le monde. Il s’est révélé inapproprié dans un environnement économique, technologique et institutionnel en profonde mutation. Il a commencé à présenter des signes d’essoufflement dès le début des années 1980, et a montré pleinement ses limites au cours des années 1990.
En 1984 a eu lieu la deuxième phase de réforme des télécommunications, avec la création d’un établissement public : l’Office National des Postes et Télécommunications (ONPT). La création de cet office répondait à la volonté des pouvoirs publics de doter le secteur des télécommunications non seulement de plus d’autonomie pour assurer une meilleure gestion, mais aussi pour répondre aux exigences technologiques que requiert le développement des réseaux et services de télécommunications. Cette époque a d’ailleurs été marquée par la réalisation d’importants investissements.
Malgré la création de l’ONPT, l’accès à la téléphonie est resté limité et les chances de suivre l’évolution des technologies de l’information étaient réduites. Moins de cinq marocains sur cent disposaient d’un téléphone.
Aussi, quelques années plus tard, et à l’instar des grands pays industrialisés qui avaient dès lors entamé la déréglementation de secteurs importants de l’économie, tels que la banque, le transport aérien et les télécommunications, le Maroc allait-il lui aussi franchir le pas de la déréglementation du secteur des télécommunications.
La troisième phase de l’histoire des télécommunications au Maroc et la plus importante commençait par la promulgation, en 1998 de la loi 24-­96 relative à la poste et aux télécommunications. Elle a donné naissance effective au processus de libéralisation des télécommunications. Depuis cette date, on note une amélioration substantielle des services, la multiplicité des offres, et surtout le développement significatif de l’accès de la population aux services de télécommunications.
C’est dans le cadre de cette réforme que le Maroc s’est doté en 1998[2] d’un Secrétariat d’Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Poste et des Technologies des Télécommunications et de l’Information (SEPTTI) et d’un organe de régulation : l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT).
Encadré 2 : Cadre juridique et attributions de l’ANRT.
Etablissement public à caractère administratif sous la tutelle du Premier Ministre, l’ANRT est dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Son rôle est de réunir les conditions favorisant l’émergence et le développement du secteur des télécommunications au Maroc en assurant ainsi pour le compte de l’Etat une mission de service public.
Le législateur a investi l’ANRT de plusieurs missions[3], s’articulant autour de trois axes :
§  Mission juridique :
Contribution à la préparation des projets de lois, décrets et arrêtés ministériels.
Attribution des licences par voie d’appel d’offre à la concurrence.
Octroi des autorisations et réception des déclarations préalables pour l’exercice des activités de télécommunications.
Préparation et mise en place des règles et procédures relatives à la gestion de noms de domaine .ma et à la certification électronique.
§  Mission économique :
Approbation des offres techniques et tarifaires d’interconnexion qui fixent le montant des tarifs que doit payer un opérateur à un autre opérateur en vue de permettre à chaque abonné d’un opérateur de joindre les abonnés des autres opérateurs.
Veille au respect de la concurrence loyale et à la résolution des litiges y afférents.
Suivi pour le compte de l’Etat du développement du secteur des technologies de l’information.
§  Mission technique :
Fixation des spécifications techniques et administratives d’agrément des équipements terminaux destinés à être raccordés à un réseau public de télécommunications et des installations radioélectriques.
Gestion des ressources rares, notamment le spectre des fréquences radioélectriques et les ressources en numérotation.
Source : ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, op. cit. pp. 25, 27.

§2 : Les télécommunications de leur libéralisation à nos jours.
Le processus de libéralisation a été initialisé en 1998, avec la scission de l’Office National des Postes et Télécommunications en deux entités distinctes : Ittissalat Al Maghrib SA (Maroc Télécom) en tant que société anonyme chargée du développement et de l’exploitation des réseaux et services de télécommunications, et Barid Al Maghrib (Poste Maroc) en tant qu’établissement public chargé du développement et de l’exploitation des réseaux et services postaux et financiers[4].
L’opérateur historique Maroc Telecom, jusque là unique opérateur de téléphonie fixe et mobile, mais également seul fournisseur d’accès à Internet, a été ensuite privatisé pour devenir une société anonyme dont Vivendi Universal détient aujourd’hui 51% du capital.
En 2000, l’ANRT a attribué une licence de téléphonie mobile à Medi Telecom, filiale marocaine du groupe espagnol Telefonica, créée pour l’occasion.
En 2005, l’ANRT attribue deux nouvelles licences de téléphonie fixe dites « licences de nouvelle génération ». Medi Telecom obtient ainsi une licence de téléphonie fixe sans mobilité restreinte, et Maroc Connect (aujourd’hui Wana), l’autre fournisseur d’accès Internet, une licence de téléphonie fixe avec mobilité restreinte.
En 2006, l’attribution d’une licence de téléphonie mobile de troisième génération à chacun des trois opérateurs achève le processus de libéralisation du secteur.
En janvier 2007, l’ANRT a imposé le dégroupage partiel de la boucle locale qui permettra aux nouveaux opérateurs d’utiliser une partie du réseau de Maroc Telecom[5].

C’est ainsi qu’en 1998, la loi 24-­96 relative à la poste et aux télécommunications donne naissance au processus de libéralisation des télécommunications. Cette libéralisation contribue à l’amélioration substantielle des services, la multiplicité des offres, et surtout le développement significatif de l’accès de la population aux services de télécommunications.


SECTION 2 : Une infrastructure télécoms au service de la société du savoir, de la proximité de l’Administration et de l’efficacité économique.
Trois grands bénéficiaires vont tirer avantage du développement des infrastructures télécoms et de l’instauration d’une concurrence loyale dans le secteur au Maroc, à savoir les particuliers dont l’accès à l’information est possible à des prix abordables, l’Administration dont la proximité vis-à-vis du citoyen améliorée, et enfin l’entreprise dont la performance évolue manifestement. 

§1 : La téléphonie et l’Internet au service de la société de l’information au Maroc[6].
Le cadre législatif mis en place, transparent et efficace, a ouvert la voie au développement des réseaux et des services de télécommunications. Ce nouveau cadre s’est montré particulièrement propice à l’expansion du réseau de téléphonie mobile. Partant d’un parc avoisinant les quelques 364 000 abonnés en 1999, le nombre des abonnés du mobile a dépassé les 20 millions au terme de l’année 2007, soit plus de 54 fois le parc de 1999. De 1,3 mobile pour 100 habitants en 1999, ce taux sera multiplié par plus de 50 pour atteindre 65,6 mobiles pour 100 habitants à fin 2007.
Figure 22 : Evolution du parc des abonnés à la téléphonie mobile au Maroc (1999-2007).
Source: ANRT, « 10 ans de régulation des télécommunications », dossier de presse consacré à la journée de réflexion organisée à Skhirat le 23 juin 2008 sous le thème « 10 ans de l’ANRT, 10 ans de régulation », Casablanca, 2008, p. 11.
La téléphonie fixe a enregistré une véritable croissance après l’introduction en 2007 des services de mobilité restreinte, commercialisés par le nouvel entrant, Wana Corporate. Ainsi, le parc du fixe a augmenté de plus de 89% en une seule année pour atteindre 2,4 millions d’abonnés à fin 2007. Une année auparavant, ce parc n’était que de 1,3 millions d’abonnés.

Figure 23 : Evolution du parc des abonnés à la téléphonie fixe au Maroc (1999-2007).
Source: ANRT, « 10 ans de régulation des télécommunications », 2008, op. cit. p. 12.
Suite à ces performances, le taux de pénétration de la téléphonie globale pour 100 habitants a atteint 73,5% en 2007 soit un peu pus de 11 fois le taux de 6,5% observé de 1999. Cet excellent score est, comme on l’a vu ci-dessus, le résultat de la forte expansion du mobile, très vite adopté par la population.
Figure 24: Pénétration des services téléphoniques au Maroc (1999-2007).
Source: ANRT, « 10 ans de régulation des télécommunications », 2008, op. cit. p. 12.
Comme pour la téléphonie mobile, le marché de l’Internet a connu un développement rapide au cours des dix dernières années, particulièrement entre 2004 et 2007. Le nombre total des abonnés, à fin 2007, dépasse désormais le demi million alors qu’il n’était que de 3 152 en 1999. Entre 2004 et 2007, période ayant connu la plus forte expansion de l’utilisation d’Internet, le nombre d’abonnés s’est accru de 365%.
Figure 25 : Evolution du parc des abonnés Internet au Maroc (1999-2007).
Source: ANRT, « 10 ans de régulation des télécommunications », 2008, op. cit. p. 13.
Le développement rapide du marché de l’Internet au Maroc a largement favorisé l’accès des marocains à cet outil universel de communication et d’information. En effet, depuis 1999, le nombre d’utilisateurs d’Internet continue de croître à un rythme soutenu, passant de 1 000 000 d’internautes en 2003 à plus de 6 600 000 en 2007, enregistrant un taux de croissance de 560% en quatre ans, soit un taux moyen annuel de 110%.
Figure 26 : Evolution du nombre d’internautes au Maroc (1999-2007).
Source: ANRT, « 10 ans de régulation des télécommunications », 2008, op. cit. p. 14.
Cependant, et malgré la nette expansion du marché des télécoms, celui-ci reste encore très restreint en comparaison avec les performances d’autres pays. Cette conclusion a été révélée par un benchmarking effectué par l’ANRT dans son rapport d’activité de 2005[7]. Le benchmarking, dont l’objectif était de positionner le Maroc au niveau international en termes de développement des TIC, s’est basé sur une liste de seize pays[8], dont le choix s’est fondé sur le souci de pouvoir comparer le Maroc avec des pays présentant des caractéristiques communes, des économies émergentes plus avancées et des économies de pays plus avancés.
Aussi, le Maroc reste encore assez mal positionné en termes de pénétration du fixe et Internet, et moyennement classé pour ce qui est de la téléphonie mobile et l’équipement informatique.  

§2 : Les TIC pour une Administration moderne, proche du citoyen (projet E-Gov).
L’Administration est un consommateur qui se prête naturellement aux TIC ; ceux-ci peuvent profondément et durablement modifier le fonctionnement interne de l’Administration, en simplifiant ses procédures et en améliorant ses relations avec les entreprises et les citoyens, en facilitant l’accès aux documents publics, et en la rapprochant davantage des usagers (ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, p. 57).
Lancé en 2005, le Programme national d’Administration électronique (e-Gov ou Idarati : Mon administration en arabe) s’est fixé comme buts notamment le développement d’environ 400 télé-services publics, la mise en ligne de 50% des formulaires administratifs et la généralisation du déploiement des portails des administrations, à l’horizon 2008. La Figure 27 ci-après retrace l’évolution du nombre des services publics mis en ligne durant la période 2002-2007. On note particulièrement les progrès enregistrés depuis 2005[9].



Figure 27 : Evolution des services publics mis en ligne (2002-2007).
Source: MICNT - DPTTI, 2007, op. cit. p. 23.

§3 : Des infrastructures de haut niveau au service d’une entreprise efficace[10].
La politique de libéralisation menée au Maroc depuis la fin des années 1990 n’a pas eu pour seule conséquence de rendre plus populaires les NTIC, elle a aussi favorisé l’émergence d’une activité économique remarquable, contribuant efficacement au développement économique du pays (ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, p. 68).
En effet, le secteur des TIC a connu une croissance soutenue passée de l’ordre de 6,5% entre 2001 et 2004 à 10% entre 2004 et 2006. A fin 2005, il représentait 6,7% (ANRT, « La régulation comme nous l’avons vécue », 2008, p. 68) du PIB contre 5,6% (idem) une année auparavant. Dans le même ordre de grandeur, le chiffre d’affaires du secteur est passé de 2,6 milliards d’euros à fin 2004 à 3 milliards d’euros à fin 2005.
Le nombre des opérateurs constituant l’industrie des TIC au Maroc est, quant à lui, passé de 1000 à fin 2004, à près de 1500 à fin 2006, témoignant du niveau de développement et de consolidation du secteur. Le tissu du secteur est par ailleurs constitué à 20% d’Editeurs, de Sociétés de Services Informatiques (SSII) et d’intégrateurs ; les 80% restant étant composé de Distributeurs, Revendeurs et Installateurs de réseaux télécoms (cf. Annexe 9 : « Nomenclature des secteurs et domaines d’activités représentés à l’APEBI »).
A. Les centres d’appels : la branche de l’Offshoring la plus développée au Maroc.
Nous nous basons dans ce qui suit sur deux études ; l’une émanant des Missions Economiques sur l’Offshoring au Maroc[11], l’autre de l’ANRT et porte sur l’état des lieux des centres d’appels au Maroc en 2004[12]. Une étude plus récente  de la même source portant sur les centres d’appels existe et date de Juin 2007[13] ; nous avons  malgré cela préféré dresser un panorama de la situation des centres d’appels avant le lancement de l’Offre, afin de voir le tendance naturelle de ce secteur en dehors de toute mesure incitative.
Aussi, on dénombre à fin 2004, 60 sociétés déclarées, 6400 positions et 7200 employés. Il s’agit principalement de centres dont l’effectif ne dépasse pas les 500 employés et qui exercent à raison de 68% dans les télécoms.
Figure 28 : Répartition des centres d’appels par taille et par secteur d’activité (Année 2004).
Source: ANRT, 2004, op. cit. p. 3.
C’est une activité nouvelle au Maroc, qui a débuté en 1998 avec la création du premier centre d’appels, et qui atteint à fin 2004 les 60 centres, générant plus de 85M€. 
Première destination de l’Offshoring francophone, le Maroc est également le premier employeur africain dans les centres d’appels. La Figure 29 qui suit illustre l’écart qui existe en termes de nombre de centres d’appels et en employés entre le Maroc et d’autres pays francophones concurrents (l’Ile Maurice, la Roumanie, le Sénégal et la Tunisie).
Figure 29 : Comparaison du nombre de centres d’appels et du nombre d’employés entre le Maroc et 4 pays francophones concurrents (Année 2004).
Note : La taille de la bulle correspond au chiffre d’affaires réalisé par l’ensemble des centres d’appels du pays.
Source: ANRT, 2004, op. cit. p. 5.
Les centres d’appels au Maroc travaillent aussi bien pour le marché domestique qu’à l’international. Plusieurs références internationales sont présentes (B2S, Clientlogic, Atento, Webhelp, Coaxis, Sitel, etc.) qui travaillent principalement à l’international pour des clients comme Téléphonica, Tiscali, Cégétel, France Télécom, Fedex, ou encore Yves Rocher. D’autres opérateurs comme Dell possèdent leur propre centre d’appel intégré.
La majorité des centres est située sur l’axe Casablanca – Rabat. Cependant, d’autres villes attirent de plus en plus de centres d’appels, en particulier Tanger et Tétouan pour le marché hispanophone, ainsi que Fès et Marrakech.
Les centres marocains proposent une large gamme de prestations : assistance technique, relations clientèle, télévente, mais également des services à plus forte valeur ajoutée liés aux télécommunications, à la technologie et aux autres services financiers.
On rencontre 4 grandes catégories de centres d’appels :
§  Des centres industriels avec plusieurs milliers de positions réparties sur plusieurs sites de production et travaillant principalement avec d’importants clients étrangers.
§  Des centres semi-industriels comptant de cent à trois cents positions, généralement concentrés sur un seul site de production.
§  Des centres de type PME avec entre 30 et 120 positions et un rythme de croissance de 5% à 10% par an.
§  Des centres à taille humaine avec moins de 30 positions et dédiés principalement au marché local.
Tableau 13 : Coûts de production comparés.

France
Maroc
Plateaux de bureaux
18€ le m² par mois à Paris
9€ le m² par mois à Casablanca[14]
SMIC horaire
7,61€
0,88€
Heures travaillées par semaine
35 ou 39
44
Congés payés
5 semaines
3 semaines
Charges salariales
22%
4,29%
Charges patronales
44%
17,7%
Imposition des dividendes
58%
10%
Impôt sur les sociétés
33,3%
0%
Source: Mission économique, 2007, op. cit. pp. 3, 4.
Après la forte croissance du marché des centres d’appels ces dernières années, de nouveaux facteurs devraient contribuer à ce que le Maroc reste une destination privilégiée pour l’Offshoring européen : l’arrivée à maturité du marché local, l’ouverture de nouvelles destinations pour les centres d’appels (monde arabe, pays anglophones), l’émergence de jeunes ingénieurs issus des récents programmes de formation et le développement d’autres zones du Maroc (le sud et l’Oriental).
B. Casablanca : premier fief de la haute technologie.
Selon une étude effectuée pour le compte de la Direction de l’Aménagement du Territoire sur le secteur des technologies de l’information[15], 65% de l’offre des TIC se concentre à Casablanca, 20% à Rabat, le solde se répartissant entres les principales villes du Maroc.
L’étude se base sur une enquête menée auprès de 20 entreprises casablancaises opérant dans les TIC, dont 16 installées à l’intérieur de Casablanca Technopark.
Encadré 3 : Casablanca Technopark.
Lancé en 2001, Casablanca Technopark est un espace dédié aux entreprises qui opèrent dans le domaine des nouvelles technologies (Internet, multimédia, télécommunications, mobiles, recherche et développement).
La gestion du parc est prise en charge par la Moroccan information technopark compagny (MITC), une société à capitaux mixtes, regroupant plusieurs organismes bancaires (BCP, CDG, BCM, BMCE et Wafabank). Son capital s’élève à 46 millions de dhs.
Le technopark qui s’étend sur une superficie de 29 400m² peut héberger 100 sociétés et environ 1 200 ingénieurs et chercheurs. Il est composé de quatre zones d’accueil : 40 start-up, une cinquantaine de PME/PMI, une dizaine d’entreprises internationales et un centre d’événements et de formation. Le bâtiment dispose d’un accès Internet à deux mégabits/s, des salles d’hébergement sécurisées, un Pabx 1 200 lignes et un Intranet destiné à l’ensemble du technopark.
Son activité repose sur 4 axes :
§  Les Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication (STIC).
§  L’innovation et les transferts technologiques.
§  La créativité, la réactivité et la flexibilité des start-up et des PME.
§  L’attractivité pour les entreprises internationales leaders en STIC.
Source : HOLLARD M., JAIDI L. et SOUISSI M., 2004, op. cit. pp. 7, 8.
Toutes les entreprises enquêtées sont tournées vers la production, le traitement ou l’utilisation d’une ressource commune : l’information ; l’information en tant que technologie et en tant que matière. Ce centrage de l’activité sur l’information dissimule cependant une grande diversité dans l’offre de produits et de prestations (cf. Annexe 10 : « Produits et prestations du secteur TIC au Maroc » tels qu’identifiés et répertoriés par l’étude sus-mentionnée) :
§  Les entreprises spécialisées dans les systèmes d’information.
§  Les entreprises spécialisées dans les télécoms.
§  Les entreprises spécialisées dans l’image et le multimédia.
 Le site Casablanca tend ainsi à devenir un centre régional pour les multinationales du secteur et s’affirme comme une plateforme de délocalisation pour les entreprises européennes de logiciels, de services et de téléservices. En effet, on trouve des entreprises filiales de grands groupes mondiaux dans le domaine de l’industrie des composants électroniques, des télécoms, des logiciels, des services informatiques et d’information et des services aux entreprises. Certaines sont devenues des leaders mondiaux de leur spécialité. C’est le cas de S2M, HPS, Involys, Batisoft. D’autres enregistrent des percées appréciables dans leurs créneaux respectifs comme M2M, Intelia, Syscad, Mughamarat, etc.
A ce titre, la demande internationale joue un rôle de plus en plus important prenant la forme de sous-traitance. Ainsi, de plus en plus d’entreprises marocaines font équipe avec des entreprises européennes et américaines de TIC pour face au marché européen et régional.
Des créneaux sont également de plus en plus exploités (Exp. Services en soutien à la monétique, surveillance électronique, cartes à puce), dans lesquels les entreprises marocaines peuvent avoir un avantage concurrentiel par rapport à leurs concurrents régionaux. Les compétences locales sont exportées vers les marchés internationaux avec des entreprises qui réalisent jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires à l’étranger.

L’analyse qui a précédé conduit aux deux réflexions suivantes. Tout d’abord, comme le fait remarquer Taieb DEBBAGH, Secrétaire Général du Département des Poste, Télécommunications et Nouvelles Technologies (lors de son intervention à la journée de réflexion de Skhirat à l’occasion du 10ième anniversaire de l’ANRT), le niveau atteint par les infrastructures de télécommunications est largement suffisant pour l’instauration d’une société de l’information et du savoir. Les véritables défis à relever en la matière résident plutôt dans la capacité des marocains à utiliser et s’approprier les TIC, l’Internet en particulier. Cela renvoie aux questions d’alphabétisation et de la formation en TIC, tant initiale que continue. Le deuxième défi est celui du contenu. En effet, le divertissement constitue la première utilisation d’Internet au Maroc. Or, dans les pays développés, 50% de l’activité quotidienne des citoyens est conditionnée de l’utilisation de l’Internet (paiement, impôt, papiers administratifs, etc.).
Concernant le secteur privé, il semblerait que les entreprises opérant dans les TIC aient été non seulement bien disposées à intégrer la compétition internationale des délocalisations des services liés aux TIC, mais ont constitué un facteur décisif dans la prise de conscience du Gouvernement du caractère structurant du secteur des TIC et de la nécessité de la mise en place d’une stratégique gouvernementale à même d’assurer l’accompagnement adéquat du secteur dans son nouvel élan. C’est dans ce contexte que le Contrat-Progrès 2006-2012 du secteur TIC ainsi que l’Offre Offshoring Maroc ont vu le jour[16].
SECTION 3 : L’Offre Offshoring Maroc : pilier du Programme Emergence.
Durant les deux sections précédentes consacrées aux principaux agrégats de l’économie marocaine, nous avons pu décelé certains des points forts et points faibles de celle-ci :
§  Une croissance économique faible, volatile et fortement dépendante des aléas climatiques.
§  Un taux de chômage élevé qui frappe surtout les jeunes diplômés.
§  Une balance commerciale structurellement déficitaire en dépit de l’ouverture commerciale.
§  Des infrastructures télécoms performantes et qui constituent une aubaine pour l’émergence de certaines activités économiques axées sur les TIC.
Les trois premiers agrégats, qui constituent d’ailleurs les points faibles de l’économie, ont peu souvent impliqué une intervention claire et déterminée de la part des pouvoirs publics. La politique industrielle n’a pas échappé à cette tendance. A l’exception du ciblage de quelques secteurs industriels comme l’automobile et l’électronique et qui a eu, à terme, des conséquences bénéfiques pour ces deux secteurs, la politique industrielle s’est longtemps cantonnée à la mise en place de « mesures générales d’amélioration de l’environnement, en laissant les forces du marché agir pour l’émergence de telle ou telle branche d’activité »[17] ; l’influence de la logique libérale imposée par les institutions financières internationales (IFI) n’est pas étrangère à cette attitude.
En 2005, la politique industrielle du Maroc va connaître l’un de ses principaux tournants, avec l’engagement du Gouvernement d’un cabinet en études stratégiques en vue d’établir, pour les dix prochaines années, une vision globale sur les choix stratégiques de développement du secteur industriel.

Figure 30: Le cercle vertueux convoité par la nouvelle politique industrielle.
Diagramme cyclique
Le résultat de cette étude, articulé dans le Programme Emergence ainsi que dans sa composante Offshoring, est justement l’objet de cette section.

§1 : Le Programme Emergence[18].
Le Programme Emergence représente la nouvelle stratégie industrielle du Maroc. Son but est de répondre à l’insuffisance de la croissance économique du pays et de mieux maîtriser les effets de l’ouverture de son économie (CNUCED, 2007, p. 4).
Mis en place en novembre 2005, le Plan Emergence est l’aboutissement de huit mois d’études menées par le Cabinet McKinsey (cabinet conseil expert en stratégie) - l’étude a démarré en Septembre 2004 et s’est achevée en Avril 2005[19]- dont la mission était d’identifier et encourager les secteurs générateurs d’emplois et créateurs de richesse, et de définir le processus permettant à l’économie nationale de réussir le développement des secteurs stratégiques de demain.
A. L’étude McKinsey : Analyse des facteurs internes et externes de l’économie marocaine.
Ainsi, afin d’évaluer le niveau de compétitivité de l’économie marocaine, un diagnostic et un benchmarking ont été réalisés par le cabinet.
A travers une comparaison de l’économie marocaine par rapport à plusieurs pays répartis en 3 groupes (« Groupe de compétition » (GC), « Groupe d’aspiration » et « World class »[20]) en fonction de plusieurs critères, le benchmarking a permis de déceler les principales forces et faiblesses de l’économie marocaine ainsi que d’y affecter un scoring par rapport à la moyenne du Groupe de compétition en fonction des mêmes critères.
Tableau 14 : Principales forces et faiblesses de l’économie marocaine selon le benchmarking établi par le Cabinet Mc Kinsey.
Principales forces et faiblesses


Scores
Maroc
Moyenne du GC
Principales forces
1. Accès aux marchés.
- Accords de libre-échange (UE, EU, …).
- Proximité culturelle et historique de l’UE.
83
77
2. Proximité logistique de l’UE.
Bonne connectivité aérienne et maritime avec l’UE.
65
54
3. Qualité de la vie.
Coût de la vie, environnement, climat, paysage.
57
45
4. Main d’œuvre ouvrière et moyennement qualifiée.
- Coût relativement faible.
- Ecart de productivité intéressant dans la MO moyennement qualifiée.
71
70
Principales faiblesses
1. Coût de l’énergie.
Surcoût de ~ 15% par rapport aux coûts du groupe de compétiteurs.
55
61
2. Télécoms / IT
Disponibilité de services sophistiqués (« System integration »)
34
35
3. Etroitesse du marché intérieur.
Demande intérieure et taille très faibles pour servir de base aux industries nationales.
17
24
4. Qualité de l’administration.
- Efficacité de l’administration.
- Fonctionnement de la justice.
36
42
5. Réglementation des affaires et fiscalité formelle.
Niveau de fiscalités relativement lourd pour les investisseurs (IS, IGR, etc.).
30
34
Source: MEZOUAR S-E., mai 2006, op. cit. diapo n°13.
A côté du diagnostic de l’économie nationale, le cabinet s’est attelé à cerner les principaux facteurs externes qui constituent tant des opportunités que des risques pour notre secteur industriel.
Il s’agit d’abord de l’intégration croissante de l’appareil industriel régional et global. Cela signifie qu’en raison de la baisse progressive des barrières douanières à l’échelle mondiale et de l’intégration des chaînes de valeur (cf. Glossaire) au-delà des frontières, le système de production des activités tend à la régionalisation et à la mondialisation. C’est ensuite la recherche de compétitivité maximale des acteurs dans la fonction de production, ce qui se traduit par des appareils de production de plus en plus grands dans plusieurs secteurs, comme l’automobile, la chimie, etc., par une tendance à la spécialisation des acteurs sur les maillons spécifiques de la chaîne de valeur, et aussi par l’accélération du mouvement de délocalisation, pour diminuer le coût de la main d’œuvre ou se rapprocher des foyers de consommation importants. Le troisième facteur est la montée en puissance de l’Asie et notamment de la Chine sur tous les secteurs manufacturiers de masse. Enfin, le dernier constat est la réussite de certains pays comme le Mexique grâce à l’aménagement de zones spéciales situées sur les frontières avec les Etats-Unis, tirant ainsi profit de l’accord de libre-échange conclu entre les deux dans le cadre de l’Accord de Libre Echange Nord Américain (ALENA) et de la proximité géographique par rapport à l’investisseur et le consommateur américain.  
Des analyses tant internes qu’externes émises par le rapport McKinsey découle la conclusion suivante : le Maroc doit mettre en place une nouvelle politique industrielle claire basée sur des paris ciblés.
B. Emergence : Une stratégie industrielle ciblée et volontariste.
La stratégie gouvernementale, telle que suggérée par le rapport McKinsey, s’articule autour de deux dimensions complémentaires : d’une part, un ciblage volontariste et une focalisation sur les moteurs de croissance orientés à l’export qui représenteront 70% de la croissance industrielle d’ici 2015 appelés les « Métiers Mondiaux du Maroc » et, d’autre part, une gestion du tissu existant tout en opérant sa modernisation compétitive et en veillant au respect des équilibres.
Ces deux dimensions se traduisent par la mise en place de quatre piliers fondamentaux pour le développement industriel[21] :
§  La délocalisation de services à l’entreprise appelés Offshoring dans les secteurs comme la banque, l’assurance, les TIC.
§  Le développement de vastes zones industrielles surnommées Maquiladoras à l’image des usines localisées aux frontières des USA. Ces espaces industriels seraient amenés à accueillir des plates-formes de production dans l’automobile (équipementiers, assemblages), l’aéronautique et l’électronique.
§  La consolidation et la modernisation des secteurs sur lesquels le Maroc est déjà positionné : le textile, les industries agroalimentaires et la transformation des produits de la mer[22]. A ces trois importants secteurs a été ajouté le développement de l’artisanat à fort contenu culturel orienté export.
§  Enfin, l’accélération de la modernisation compétitive à travers l’amélioration de l’environnement général des affaires (administration, fiscalité, etc.), la mise en place de mécanismes permettant de professionnaliser la gestion opérationnelle et financière au sein des entreprises, le renforcement du soutien aux acteurs en croissance et la restructuration du tissu en difficulté.
Figure 31 : Programme Emergence : 2 dimensions et 4 piliers.
Source: Figure reconstituée à partir de MICNT, 2005, op. cit. p. 28.
Les retombées d’un tel programme concernent aussi bien le secteur industriel élargi que l’économie dans son ensemble. L’étude prévoit ainsi une accélération marquée de la croissance de l’économie par rapport au scénario de référence (+1,6% de croissance de PIB, pour un taux de 4,5% sur la période 2004-2013) se traduisant par la génération de 91Mds de dhs de PIB additionnel et la création d’environ 440 000 emplois à l’horizon 2013.
Quant à l’industrie, sa croissance connaîtra une accélération de l’ordre de 4% par rapport au scénario de référence (pour un taux de croissance moyen de 5,5% sur l’horizon 2004-2013) et se traduirait par la génération d’environ 42Mds de dhs de PIB additionnel et de 230 000 emplois directs, ou encore 60Mds de dhs de PIB additionnel et de 360 000 emplois, si on y inclut les effet indirects. Enfin, cette politique volontariste devrait permettre de réduire de plus de 50% le déficit de la balance commerciale élargie, soit une réduction équivalant à 34Mds de dhs à l’horizon 2013.    
Enfin, et dans la perspective d’assurer une couverture territoriale équilibrée du Programme Emergence, plusieurs régions se trouveront innervées par la nouvelle stratégie industrielle. C’est ainsi que la zone Nord sera dédiée à la sous-traitance industrielle notamment l’industrie automobile et l’électronique ; l’axe Casablanca-Rabat aux activités d’Offshoring ; la zone Sud à l’industrie de transformation des produits de la mer ; et enfin une couverture répartie entre le Saiss, le Gharb, l’Oriental et le Souss pour les industries agro-alimentaires.

Carte 1 : Couverture territoriale équilibrée du Programme Emergence.
Source: BOUCHAKOR T., 2006, op. cit. p. 81.

§2 : L’Offre Offshoring Maroc.
Nous avons bien vu dans la section précédente que le secteur des TIC se portait bien au Maroc bien avant l’Offre, mais, comme l’a fait remarquer Bachir RACHDI[23], ancien Président de l’APEBI, nous ne pouvons nous contenter de petits pas dans ce secteur, tandis que d’autres pays développés et en voie de développement, conscients de l’opportunité qu’offrent les TIC, s’engagent dans des politiques très agressives de promotion du secteur. L’Offre Offshoring Maroc qui s’inscrit dans une véritable politique volontariste qu’est le Programme Emergence constitue alors une réponse aux attentes de tous les acteurs du secteur TIC, aussi bien publics que privés.
En vigueur depuis le 1er janvier 2007, l’Offre Offshoring Maroc[24] a été affinée en juin 2007. Dans la dynamique du Programme Emergence, cette offre comprend une série de mesures s’appliquant à une dizaine de filières jugées les plus prometteuses et adaptées aux besoins des entreprises internationales afin d’accroître l’attractivité du Maroc par rapport aux destinations concurrentes.
L’Offre Offshoring Maroc (cf. en Annexe 2 la Circulaire n° 9/2007 sur la : « Mise en œuvre de l’Offre Offshoring Maroc ») se décline en trois grands volets[25] :
§  Volet 1 : Cadre sectoriel incitatif :
o   Un allègement massif et exceptionnel de la fiscalité du travail (IGR "taux effectif réel" plafonné à 20%, régime spécial expatriés, défiscalisation complète du premier emploi <550€/mois, …).
o   Une fiscalité orientée Export – déjà radicalement allégée (IS à 0% et droits de douane inférieurs à 2.5%).
o   Un régime administratif allégé (véritable Guichet unique sur zone, flexibilité totale du nouveau Code du Travail, simplifications administratives "taux effectif réel"). Support à l’international (visas).
o   Une "prime aux pionniers" pour les premières entreprises installées.
§  Volet 2 : Pool de ressources humaines considérable et aides à la formation :
o   Un pool de ressources potentiel considérable et compétitif sur les profils les plus importants, notamment Bac+2 - Bac+4 (production annuelle de 40-50 000 profils cibles).
o   Un Plan National de Formation agressif et focalisé sur les métiers de l’Offshoring et sur les spécificités françaises sur 15 filières clés (techniques et administratives – 20 à 25 000 formations qualifiantes d’ici 2009).
o   Un plan de formation « initiative 10.000 ingénieurs » en vue d’atteindre le nombre de 10.000 lauréats (ingénieurs et assimilés) par an, à l’horizon 2010.
o   Dispositif d’aide à la formation post-embauche très agressif avec une prise en charge de 100% de la formation initiale et de 75% de la formation continue, à hauteur de 50.000 DH par employé sur les 3 premières années d’embauche.
§  Volet 3 : Infrastructures et services « worldclass » :
o   5 zones (CasaNearshore Park, Rabat Technopolis, TangerShore, FèsShore, Marrakechshore) spécialement dédiées à l’Offshoring avec une offre de services et d’infrastructures calés sur les meilleurs standards de qualité et de coût (8€/m2/mois).
o   Une offre télécoms de premier plan – SLA techniques et commerciaux garantis et des coûts alignés sur les destinations les plus compétitives.
o   Une approche "Ready for Output" avec une offre de bureaux aménagés (~170 000 m²) et 10-12 services de "support business" sur site fournis par des partenaires internationaux sélectionnés sur une base compétitive.

C’est ainsi que dans un contexte de faible croissance économique, de faible création d’emploi et de faible compétitivité des exportations marocaines, une intervention audacieuse du Gouvernement était indispensable. A travers sa nouvelle stratégie industrielle, en l’occurrence le Programme Emergence, le Maroc entend donner un nouveau souffle à l’économie marocaine, par un ciblage des « Métiers Mondiaux du Maroc » qui comprennent entre autres le secteur de l’Offshoring, et la modernisation du tissu industriel existant.



CONCLUSION DU CHAPITRE
L’économie marocaine se caractérise par une croissance faible et volatile, dont les répercutions se font ressentir tant sur le marché de l’emploi où sévit un chômage catégoriel touchant en particulier les jeunes, les citadins, les diplômés et les femmes que sur le plan du commerce extérieur dont la balance est structurellement déficitaire.
Cependant, l’économie marocaine ne présente pas que des dysfonctionnements, loin de là, le Maroc possède des atouts significatifs lui permettant de tirer avantage de la nouvelle dynamique économique mondiale, en particulier dans le secteur des TIC : un potentiel en compétences humaines, un noyau d’entreprises dynamiques, un support de base en télécommunications modernes de bon niveau, un environnement concurrentiel favorisé par une politique d’ouverture et de libéralisation (HOLLARD M., JAIDI L. et SOUISSI M., 2004, p.4).
C’est ainsi que tenant compte des points faibles et points forts de l’économie, le Gouvernement mit en place une nouvelle stratégie industrielle intitulée le Programme Emergence. A travers ce Plan, le Maroc entend répondre justement à l’insuffisance de la croissance économique du pays et mieux maîtriser les effets de l’ouverture de son économie dans une perspective de création d’emplois et partant un niveau de vie meilleur.  




[1] ANRT, La régulation comme nous l’avons vécue, Rapport édité à l’occasion de la journée de réflexion organisée à Skhirat le 23 juin 2008 sous le thème « 10 ans de l’ANRT, 10 ans de régulation », Rabat, 2008, pp. 16-17.
[2] 26 février 1998.
[3] Le détail des missions est disponible en Annexe 8 : « Cadre juridique et attributions de l’ANRT ».
[4] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies / Département de la Poste, des Télécommunications et des Technologies de l’Information, Stratégie e-Maroc 2010 : Réalisations, Orientations et Plants d’action, Livre de référence, Rabat, Septembre 2007, pp. 12, 13.
[5] Mission économique, Le secteur des télécommunications au Maroc, Fiche de synthèse, Ambassade de France au Maroc, 30 mars 2007, Rabat, p. 1.
[6] ANRT, La régulation comme nous l’avons vécue, Rapport édité à l’occasion de la journée de réflexion organisée à Skhirat le 23 juin 2008 sous le thème « 10 ans de l’ANRT, 10 ans de régulation », Rabat, 2008, pp. 67-68.
[7] ANRT, Rapport d’activité 2005, conception et réalisation : CLE Etudes, 2006, Rabat, p. 45.
[8] Afrique du Sud, Algérie, Chili, Egypte, Espagne, Estonie, France, Hongrie, Inde, Irlande, Jordanie, Malaisie, Maroc, Portugal, Roumanie, Tunisie.
[9] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies / Département de la Poste, des Télécommunications et des Technologies de l’Information, Stratégie e-Maroc 2010 : Réalisations, Orientations et Plants d’action, Livre de référence, Rabat, Septembre 2007, p. 23.
[10] APEBI / Centre de Services à Valeur Ajoutée de l’APEBI / Service d’appui à l’export, Etude sur le potentiel à l’export des membres de la Fédération APEBI, Casablanca, mai 2007, p. 48.
[11] Mission économique, L’Offshoring au Maroc, Fiche de synthèse, Ambassade de France au Maroc, 12 novembre 2007, Rabat, pp. 3, 4.
[12] ANRT, « Du développement des centres d’appels à l’émergence du BPO au Maroc », Synthèse des résultats de l’étude réalisée par CSC Peat Marwick/Capital Consulting, Rabat, Octobre 2004, in http://www.anrt.ma/fr/admin/download/upload/file_fr321.pdf (consulté le 12/09/08), pp. 3, 4.
[13] Consultable à travers ce lien : http://www.anrt.ma/fr/admin/download/upload/file_fr1157.pdf (consulté le 12/09/08)
[14] Cette publication date de 2007. 9€ est le coût du loyer à CNP.
[15] HOLLARD M., JAIDI L. et SOUISSI M., Etude sur le développement des bassins d’emploi – Cas des systèmes productifs localisés (SPL) au Maroc : Le secteur des technologies de l’information à Casablanca, Rapport final n° 4, pour le compte du MHUAE – DAT, Rabat, année), pp. 7-9, 15.
[16] Propositions de lecture :
§   S. M. Le Roi Mohammed VI, Le Maroc dans la société globale de l’information et du savoir, symposium, Fès, 23 avril 2001, in http://www.maroc.ma/NR/exeres/9DAC43B7-832B-454D-B4E3-1F264BDBB4D1 (consulté le 16/08/08).
§   LANGEVIN C., « Nouvelles technologies : toujours plus, toujours plus vite », in Conjoncture, revue de la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc, n° 886, octobre 2007, Casablanca.
§   ANRT, Observatoire des TI, dans dossier Contexte national /NTIC.
§   EL KADIRI B., « L’Offshoring au Maroc », in « Problématique du financement de la PME - L’Offshoring au Maroc », in BMCE Monthly, le magazine économique de BMCE Bank, n°6 janvier 2007, pp. 9-13.
§   ANRT, Observatoire des TIC au Maroc 2007 : Enquête de collecte des indicateurs TIC pour l’année 2006, Rabat, 2007.
§   ANRT, rapports annuels ou d’activité 2006 et 2007.
§   Mission économique Maroc, « L’information sectorielle : Electronique et NTIC », in http://www.missioneco.org/maroc/Sectdetail.asp?Sect=53.
§   Mission économique, L’Offshoring au Maroc, Fiche de synthèse, Ambassade de France au Maroc, 12 novembre 2007, Rabat.
§   Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace / Direction de l’Aménagement du Territoire, Les orientations, in Le Schéma National d’Aménagement du Territoire, Rabat, 2004, pp. 109-111. Article bon, mais ancien et ne concerne pas le Maroc, il parle de l’émergence des TIC en général dans le monde.
§   APEBI, Secteur TIC au Maroc : Chiffres clés et potentialités, Etude 2004-2005, Casablanca, p. 7. 

[17] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, « Emergence : Une politique industrielle ciblée et volontariste pour le Maroc », in Interface, revue du commerce et de l’industrie, n°4, 2ème trimestre 2005, Rabat, p. 20.
Organigramme
[18] Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, « Emergence : Une politique industrielle ciblée et volontariste pour le Maroc », in Interface, revue du commerce et de l’industrie, n°4, 2ème trimestre 2005, Rabat, pp. 22-29.
[19] BOUCHAKOR T., Dispositif d’Intelligence Economique pour le secteur de l’Offshoring au Maroc – Stratégie et mise en œuvre : Cas de Casashore, Thèse professionnelle, Mastère spécialisé de Management des Services Publics, ISCAE, décembre 2006, Casablanca, p. 78.
[20] Le « groupe de compétition » regroupe l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie, le Sénégal, la Turquie et la Roumanie. Le « groupe d’aspiration » regroupe la République Tchèque, le Portugal et la Malaisie. Le « groupe World Class » comprend l’Espagne et la Corée du Sud.
[21] Agence Urbaine de Casablanca, Plan de développement stratégique et schéma directeur d’aménagement urbain de la Wilaya de la Région du Grand Casablanca, Casablanca, février 2006, pp. 283, 284.
[22] MEZOUAR S-E., Programme Emergence : Une politique volontariste et ciblée au service de l’essor de l’économie nationale, Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, présentation, Casablanca, 9 mai 2006, diapo n°21.
[23] APEBI, Secteur TIC au Maroc : Chiffres clés et potentialités, Etude 2004-2005, Casablanca, p. 5. 
[24] Mission économique, L’Offshoring au Maroc, Fiche de synthèse, Ambassade de France au Maroc, 12 novembre 2007, Rabat, p. 1.
[25] MEZOUAR S-E., Lancement de l’Offre Offshoring Maroc, Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, présentation, Casablanca, 13 juillet 2006, diapo n°17.


[1] L’intégralité du Message Royal est disponible en Annexe 7 ou via le lien suivant : http://www.maroc.ma/NR/exeres/9DAC43B7-832B-454D-B4E3-1F264BDBB4D1 (consulté le 16/08/08)

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