La délocalisation des services liés aux TIC: Une mouvance à l'international.

L’internationalisation correspond au développement des relations économiques entre les différentes nations. A l’internationalisation des échanges, caractérisée par l’accroissement du volume des biens et des services échangés, s’est ajoutée l’internationalisation de la production[1] des biens. Ce ne sont plus les biens seuls qui se déplacent, mais aussi les capitaux car les firmes exportent aussi leurs usines qui fabriquent ces biens.
L’économie mondiale a toutefois connu une étape supplémentaire. Ce ne sont plus seulement les capitaux des firmes qui produisent des biens qui se déplacent, mais ceux qui produisent des services aussi. Cet aspect reflète la nouvelle restructuration des chaînes de valeur (La « chaîne de valeur » de toute activité peut être définie comme la valeur ajoutée par différents processus ou tâches à chaque étape de la production[2].) à l’échelle mondiale permise par l’utilisation des Technologies de l’Information et des Communications (TIC).
En effet, les rapides changements survenus dans le secteur des TIC, combinés à la libéralisation continue des échanges dans les services, ont eu un profond impact sur la façon dont les activités économiques sont organisées en général, et en particulier les services liés aux TIC ; ceux-là pouvant désormais être produits à partir d’endroits excentrés[3].

Le contexte international qui a précédé l’engagement du bureau d’études McKinsey était caractérisé par trois grandes tendances : la tertiairisation de l’économie mondiale, l’accroissement sans précédent des TIC dans le commerce international, et enfin l’émergence des délocalisations des services liés aux TIC ; celles-ci pouvant être considérées comme une nouvelle modalité d’organisation des entreprises dans un univers de plus en plus concurrentiel.
La délocalisation des services liés aux TIC ou Offshoring se définit comme la prestation depuis l’étranger de services aux entreprises fondés sur les TIC, comme les travaux de saisie et de traitement de données et de l’information (Services d’informatique et d’information) et les services de recherche et de conseil (Autres services aux entreprises).
A cet effet, il convient pour notre pays de saisir l’opportunité qu’offre l’émergence des TIC lesquels, rappelons-le, permettent aux pays en voie de développement de rattraper leur retard, et ce en raison de la capacité intrinsèque des TIC et du secteur des télécommunications en particulier à  annuler partiellement l’effet des investissements effectués dans les anciennes technologies, et donc permettre une insertion de ces pays, dans l’économie mondiale, basée sur les activité à haute valeur ajoutée. Cependant, afin de saisir cette aubaine, une condition doit être remplie par notre pays : l’instauration d’une infrastructure technologique de qualité à même d’accueillir et d’absorber les retombées de tels changements de la structure de l’économie mondiale.


NB: Article rédigé en 2008.



[1] CAPUL J-Y. et GARNIER O., Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, Hatier, Paris, Avril 1999, p. 256.
[2] OCDE, Progresser dans la chaîne de valeur mondiale, Les Synthèses de l’OCDE, synthèse d’une publication de l’OCDE intitulée « Comment rester compétitif dans l’économie mondiale : Progresser dans la chaîne de valeur », Paris, Août 2007, in http://www.oecd.org/dataoecd/45/4/39157360.pdf (consulté le 07/09/08), p. 2.
[3] OCDE, « Les TIC et les possibilités de délocalisation », in http://www.oecd.org/document/17/0,3343,fr_2649_201185_35177233_1_1_1_1,00.html (consulté le 21 juin 2008)

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